L'innovation managériale autour du monde, bilan de six mois de tour du monde avec Incollab

incollab autour du monde, #interview – 18

Learning Expedition & innovations managériales autour du monde 

L’année dernière, Claire et Caroline s’embarquaient pour six mois de périple à travers le monde à la découverte des dernières innovations en terme de pratiques managériales. A quoi ressemble le management dans les entreprises à l’autre bout du globe ? Où fait-il bon vivre et travailler ? Quelles alternatives au management traditionnel existent-ils ? 

Après 13 pays traversés et des dizaines d’entrepreneurs rencontrés, elles reviennent avec nous sur les points forts de leur learning expedition et répondent à nos questions : 

Y a t’il… 


Un pays que vous avez préféré ? Si oui, pourquoi ?  

Caroline : Sans doute le Costa Rica. Nous avons été extrêmement bien accueillies par les locaux qui véhiculent pleinement la Pura vida, ce fameux mode de vie latin ancré sur une joie de vivre communicative. On dit souvent que c’est le pays du monde où les gens sont les plus heureux, épanouis dans leur vie personnelle et professionnelle… et on comprend maintenant pourquoi !  

Au cours de nos deux semaines passées au sein du pays, nous avons été très touchées par les valeurs de générosité, d’entraide et de bienveillance des habitants. Ils ont peu mais donnent sans compter.   

Claire : L’Inde nous a également beaucoup marquées. À notre arrivée, nous avons été assez déboussolées par la foule, le trafic dense et l’effervescence des villes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous ne nous sommes jamais senties en insécurité. À l’instar des Costaricains, les indiens sont généreux et très accueillants. 

Bangalore a été une surprise pour nous ! Cette ville au sud du pays est une véritable mégalopole High Tech, un hub de recherches à la pointe des dernières innovations technologiques. 

Le nombre croissant d’entreprises qui ont à coeur de s’impliquer dans le développement du pays est remarquable. Parmi celles-ci : Logistimo, une entreprise qui souhaite améliorer la gestion des médicaments et des médecins en zone rurales. Le fondateur, Anup Akkihal est né aux Etats-Unis mais a fait le choix après un changement de carrière de traverser l’Atlantique pour découvrir son pays d’origine et y installer sa société. Il est engagé et fier de ses racines.  

 Un modèle de management qui vous a marquées ? 

Claire : La Méthode Agile. Nous nous sommes vite rendues compte qu’elle avait de nombreux adeptes à travers le monde. Cependant si la théorie est sensiblement toujours la même (organisation de l’entreprise en tribus, rôle de scrum Master, mêlée quotidienne et sprints), son application et sa forme diffèrent d’un pays à un autre ! 

Caroline : L’agilité observée en Islande ou au Danemark par exemple, était bien différente de celle appliquée en Australie ou encore à New York. Les pratiques culturelles influencent fortement le management, c’est pourquoi les entreprises n’hésitent pas à s’approprier la méthode, quitte à la moduler pour qu’elle coïncide avec leur besoin. 

Une pratique managériale qui vous a surprises ? 

Claire : Chez IIH Nordic au Danemark, les collaborateurs appliquent la méthode Pomodoro. Grâce à cet outil, ils ont pu observé une augmentation de la productivité des équipes, liée à une meilleure gestion du temps. C’était très intéressant de constater que cette technique assez commune chez les étudiants en révision pouvait être appliquée à plus grande échelle en entreprise ! 

Quelques semaines plus tard, nous avons visité Jade World, une start-up néo-zélandaise dans laquelle. Contrairement à l’entreprise danoise, la mise en pratique de Pomodoro s’est révélée être un échec. Les collaborateurs n’arrivaient pas à respecter les temps de travail et les temps de pause. Ils ont donc finalement décidé de revenir à des méthodes plus traditionnelles

Caroline : Si l’Open Space a fait sensation ces dernières années et a été adopté par de nombreuses entreprises en quête d’innovation, il est à présent assez controversé. Certaines sociétés regrettent d’avoir opté pour cette organisation et cherchent des solutions pour pallier aux problèmes (souvent liés aux bruits) qu’elle génère. Elles installent des box insonorisées, multiplient les espaces privatifs et encouragent notamment le télétravail. 

Nous avons remarqué que le succès ou non de l’open space tenait en grande partie à la culture du pays. L’entreprise Volvo truck, implantée en Indonésie a par exemple essayé de décloisonner les espaces de travail en réorganisant les bureaux. Celui du chef d’entreprise avait été placé au centre de l’open space. Les collaborateurs indonésiens pour qui ce dernier est un véritable leader étaient décontenancés et intimidés par cette initiative. À tel point qu’ils ont finalement décidé de revenir à une organisation de bureaux traditionnels. L’expérience n’a pas été très concluante… 

Un pays où la qualité de vie au travail est vraiment flagrante ? 

Claire : Le Danemark, l’Islande… les pays nordiques. La Qualité de Vie au Travail y est assez exceptionnelle ! Les locaux sont fantastiques,  modernes et ultra-design, équipés de salles de sport, de saunas et d’espaces de luminothérapie. Les collaborateurs ont l’opportunité de faire partie d’un club d’activité en fonction de leurs passions et intérêts. Le team building est un vrai sujet, des ateliers, journées et week-ends sont fréquemment organisés pour les employés et leur famille. Bref… la qualité de vie au travail est vraiment très complète !  

Une entreprise dans laquelle vous seriez bien restées… ? 

Claire : Je serais bien restée chez Ad Astra Rocket, une entreprise costaricaine fondée par Franklin Chang Diaz, un ancien astronaute de renom de la NASA. L’ambiance familiale et conviviale qui règne au sein des équipes m’a tout de suite plue !  Ils travaillent et collaborent ensemble de manière décomplexée et bienveillante

Caroline : Pour ma part, je serais bien restée chez Mercadolibre. Cette entreprise argentine spécialisée dans le e-commerce est un peu le nouvel Amazon de l’Amérique latine ! C’est une “licorne” qui a connu une croissance exponentielle mais qui a su malgré tout conserver son esprit start-up. Elle est à la pointe de l’innovation du management ! Il existe une vraie connexion entre les collaborateurs et une belle énergie se dégage des équipes. 

Une rencontre d’entrepreneur marquante ? 

Claire et Caroline : Sans hésiter : Dominic Gagnon, le fondateur de Connect & GO. Le PDG de cette entreprise canadienne spécialisée dans les nouvelles technologies RFID est pour le moins atypique ! Lorsque nous sommes arrivées dans les locaux de l’entreprise, il est arrivé habillé en maillot de hockey et casquette à l’effigie de son équipe favorite… On avait du mal à croire que c’était bien le patron de l’entreprise que l’on avait devant nous ! 

C’est un véritable génie au parcours impressionnant. Cet hyperactif, dyscalculique et dysorthographique est totalement autodidacte en programmation web. Il a monté plusieurs sociétés, été au bord de la faillite et a finalement réussi à devenir en peu de temps le numéro un mondial et spécialiste des technologies RFID. Il n’a pas peur de tout miser sur ses collaborateurs, y compris (et surtout) ceux qui comme lui, pensent différemment. Cette rencontre a été très enrichissante et surtout surprenante !

Un REX spécifique pour  incollab (sur la pratique du feedback, le management collaboratif, la construction d’un esprit d’équipe) ? 

Caroline : La start-up indonésienne Ekipa nous a beaucoup fait penser à incollab. Ce cabinet de conseil en transition managériale a développé une importante culture du feedback au sein de son équipe. Il n’y a pas de hiérarchie, la gouvernance est à 100% horizontale. Ils portent même des t-shirts sur lesquels il est écrit “ Don’t tell me what to do”.  Chacun est autonome et indépendant, libre d’évoluer sur les missions qu’il souhaite et d’agencer les projets comme il l’entend, en proposant ses propres idées ; ils fixent ensemble les salaires de chacun et se retrouvent en équipe dans de nombreux team buildings et temps conviviaux… Bref,  tout concourt à l’épanouissement des collaborateurs ! 

Claire : Nous avons également retrouvé l’esprit de communauté porté par incollab chez Selina, une start-up installée au Costa Rica, spécialisée dans l’hôtellerie. Malgré ses 52 établissements à travers le monde et ses 20 000 employés, Selina a conservé son organisation de start-up. D’ailleurs, chaque structure évolue indépendamment du centre et est libre de faire ses propres choix managériaux. Les managers ont conscience des besoins des millennials qui souhaitent s’investir dans une activité professionnelle vectrice de sens pour eux. 

Selina apporte une attention toute particulière aux clients et collaborateurs qui sont invités à prendre part ensemble à des activités (ateliers manuels, conférences, activités ludiques). 

Des valeurs similaires à celles que vous prônez chez incollab… non ? 

 Un grand merci !

Encore merci à Claire et Caroline d’avoir partagé avec nous leurs découvertes au fil de cette Learning expédition et de nous avoir permis de vivre ainsi avec elles un peu de cette formidable aventure !

Pour lire et relire leurs retours d’expériences, rendez-vous sur la rubrique “TOUR DU MONDE” ! 

Je partage >

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur print
Partager sur email